Le soleil venait d'une carresse légendaire
Embrasser mon front de rêveur de pacotille
Sur un banc d'ou j'admirais la mer
Pour me dire bonsoir, un mardi d'avril
Je me souviens de ce jour comme hier,
Il faisait froid, j'avais le nez glacé
Je pensais aux voiles sans me taire
Je pensais à voix haute et enrouée
Aux voyages que j'aimerai faire
Sur une coque de noix habitées,
Une embarcation certes solitaire
Mais pleine de rêves tendres et sucrés
Puis, une plume folle et légère
Au pied du banc s'est déposée
Blanche comme la neige d'hivers
Avec ses contours alvéolés,
C'était sans doute un fait divers
Mais depuis ma vie a changée
Depuis je prends le vent arrière
Avec mon plumage d'oiseau doré
Tous les soirs je m'envole au couché
Suivre les bâteaux à voile s'éloigner
D'un rivage pour aller accoster
Sur un autre rivage bien plus coloré
J'ai vu tellement de nuages en mouton
Ou d'autres plus sombres que la nuit
J'ai vu des mirages par millions
Et des tonnerres à reveiller un endormi
Des falaises splendides creusées par le sel
Des cathédrales de pierres de la couleur du miel
Des chutes gigantesques deversant des torrents
Des montagnes crachant du feu et le deversant
J'ai vu le monde sur mon banc déboité
Les plages coraliennes aux récifs écorchés
J'ai vu la banquise dans l'eau s'affaissée
Et les villes immenses aux jumelles écroulées
Sur mon banc une plume m'a donné
Le pouvoir de la lumière pour traverser
Le pouvoir des bâteaux pour admirer
L'ocean, ce cache fabuleux de la beauté
Il suffisait de fermer les yeux
Pour rêver les yeux ouverts
Ce n'est qu'un simple jeu
Pour aimer être sur terre